10 Août Faire tomber le masque
Note de l'éditrice
par Amina Diouf – éditrice chez Edit , Le Journal de The Third
Certains récits viennent de la tête. D'autres du cœur. Mais celui-ci vient de l'âme.
Dans cette réflexion profondément personnelle, notre fondatrice, Monifa Pendelton, partage l'histoire de The Third , pas seulement de sa création, mais aussi de l'une des raisons pour lesquelles elle l'a conçue. Inspirée par la vérité indélébile du poème de Paul Laurence Dunbar, « Nous portons le masque » , elle nous invite à découvrir le travail émotionnel que de nombreuses femmes portent en silence : la pression de la performance, de la satisfaction, de la souffrance.
Il est rare que des fondatrices se dévoilent et parlent aussi ouvertement de leurs motivations. Et pourtant, c'est ce qui rend cet article si puissant. Il n'appelle pas à la pitié, mais à l'honnêteté.
Chez Edit, nous publions des histoires vraies, humaines et pertinentes. Celle-ci est tout cela à la fois.
—Amina
J'ai lu Nous portons le masque alors que j'étais étudiante en licence à l'Université Howard. Ce fut l'un de ces rares moments où un poème ne m'a pas seulement inspiré, mais s'est ancré dans mon esprit. Les mots de Paul Laurence Dunbar, écrits en 1896, ne m'ont jamais quitté. Ce poème évoque le coût émotionnel de cacher ses difficultés derrière un visage courageux, surtout dans un monde qui n'est peut-être pas prêt, ou disposé, à entendre votre vérité. Il évoque particulièrement l'expérience des Noirs américains à l'époque de Dunbar, mais son message résonne encore pour quiconque ressent le besoin de cacher sa douleur pour survivre ou s'intégrer.
Au fil des années, ce poème est devenu en quelque sorte mon miroir lorsque je n’étais pas sûr de ma propre authenticité, lorsque je jouais un rôle mais qu' en silence je me demandais si je pouvais véritablement exposer qui je suis dans ce monde.
Alors, quand est venu le temps de créer un espace pour les femmes, un espace ancré dans la plénitude, la vérité et la dignité, c'est ce poème qui m'a guidée vers mon « pourquoi ». Et si les femmes pouvaient avoir un espace où elles pourraient se connecter à leur propre authenticité ? Et si, avec le temps, les masques tombaient.
Parce que la vérité, c'est que nous portons toujours un masque.
Et le The Third a été créé pour que nous n'ayons plus à le faire.
Nous portons le masque
Par Paul Laurence Dunbar
Nous portons le masque qui sourit et ment,
Il cache nos joues et teinte nos yeux,
Cette dette que nous payons à la ruse humaine ;
Avec des cœurs déchirés, qui saignent, nous sourions,
Et une bouche avec une myriade de subtilités.
Pourquoi le monde serait-il suffisamment avisé,
pour compter toutes nos larmes et tous nos soupirs ?
ce que nous voulons ?
Qu'ils ne voient que nous, tandis que
nous portons un masque.
Nous sourions, mais dans le silence nous soupirons en disant ô seigneur, nos cris
s'élèvent vers toi, nos âmes sont meurtries.
Nous chantons, mais notre vie ici bas est si misérable
et cependant nous aspirons à la prospérité;
Si seulement ce monde pouvait être différent,
Nous vivons dans les faux semblant
Une interprétation moderne
Nous faisons semblant d'aller bien, de sourire et de jouer le jeu,
même si c'est un mensonge.
Nous dissimulons notre douleur et nos véritables sentiments,
car c'est le prix à payer pour survivre dans un monde rempli de mensonges.
Même lorsque notre cœur est brisé, nous sourions toujours.
Nous parlons prudemment, en disant toujours « ce qui est convenable».
Comment les autres pourraient-ils connaître toute la vérité ?
Comment feraient-ils pour voir chacune de nos larmes ou entendre nos soupirs
puisqu'ils ne voient que ce que nous leur montrons ?
Nous continuons à jouer la comédie. Nous portons un masque et nous faisons semblant.
On peut paraître joyeux de l'extérieur,
mais intérieurement, on implore le Seigneur.
Nos âmes souffrent.
On chante et on fait semblant, mais tout n’est pas si rose qu’on le prétend,
et le temps semble durer une éternité.
Pourtant, on laisse croire au monde que tout va bien,
parce qu'on continue à porter le masque.
Et c'est la raison pour laquelle The Third existe
Nous comprenons ce que signifie se montrer souriante malgré les fardeaux invisibles. Nous connaissons l'épuisement d'être « sans cesse solliciter», de faire semblant pour le confort des autres, de faire profil bas dans des espaces qui ne sont pas conçus pour laisser notre lumière briller.
The Third a été conçu pour être un espace où les masques peuvent enfin tomber. Un lieu où les femmes qui ont passé des années à jouer les femmes fortes, à dissimuler leur vulnérabilité et à surmonter l'épuisement peuvent commencer à découvrir la vraie version d'elles-mêmes. Ici, pas besoin de faire semblant, de se corriger, d'expliquer son existence. C'est un espace où vous pouvez vous montrer telle que vous êtes, pleine de complexité et de puissance, en sachant que c'est non seulement permis, mais aussi célébré.
Le chemin vers la création de The Third n'a pas été facile. Mais après tout, qu'est-ce qui a vraiment du sens dans la vie ? Chaque défi, chaque revers, chaque moment de doute a contribué à construire quelque chose d'important. Et c'est cette vérité à laquelle je reviens sans cesse. La vision de The Third n'a jamais été la facilité ; elle a été l'impact. Il s'agissait de créer un lieu authentique, utile et qui vous inspire confiance. Et chaque fois que le chemin semble difficile, je me le rappelle : ce travail en vaut la peine. Parce que les femmes méritent des espaces où elles peuvent s'épanouir pleinement, et je ne m'arrêterai pas tant que ce ne sera pas la norme, et non l'exception.
Ici, personne ne vous demande de performer. Vous n'avez pas à cacher votre ambition, votre douceur, vos questionnements, vos contradictions. Chez The Third, nous laissons place à votre être tout entier : vos joies, vos douleurs, votre voix, votre silence
Parce que le monde n'a pas besoin de plus de femmes portant des masques.
Il a besoin de plus de femmes libres.
Voici donc notre promesse : chez The Third , vous êtes vues. Vous êtes entendues. Vous êtes en sécurité. Vous êtes authentiques. Et c'est là que commence votre pouvoir.
Avec amour,
Monifa
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