{"id":1753,"date":"2025-07-23T18:30:36","date_gmt":"2025-07-23T18:30:36","guid":{"rendered":"https:\/\/thethird.africa\/?p=1753"},"modified":"2025-08-22T13:15:25","modified_gmt":"2025-08-22T13:15:25","slug":"saying-yes-to-yourself","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/thethird.africa\/fr\/saying-yes-to-yourself\/","title":{"rendered":"Se dire Oui \u00e0 soi-m\u00eame dans une culture de l\u2019autocensure"},"content":{"rendered":"<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"1753\" class=\"elementor elementor-1753\" data-elementor-post-type=\"post\">\n\t\t\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-1ed2644f elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default parallax_section_no qode_elementor_container_no\" data-id=\"1ed2644f\" data-element_type=\"section\" data-e-type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-143f95df\" data-id=\"143f95df\" data-element_type=\"column\" data-e-type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-164726e elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"164726e\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p><em>Par Amina Diouf\u00a0<\/em><\/p><p><strong>Note de l'\u00e9ditrice<\/strong><\/p><p>Dans un monde o\u00f9 l'on attend si souvent des femmes qu'elles se donnent sans compter pour les autres, l'id\u00e9e de se consacrer \u00e0 fond sur soi peut para\u00eetre radicale, voire erron\u00e9e. Mais nous pensons que c'est non seulement n\u00e9cessaire, mais urgent. Partout sur le continent, nous assistons \u00e0 un soul\u00e8vement silencieux : des femmes se choisissent elles, non par \u00e9go\u00efsme, mais par sagesse.<\/p><p>Cette pi\u00e8ce est une invitation.<br \/>\u00c0 prendre du recul.<br \/>\u00c0 remettre en question nos attentes h\u00e9rit\u00e9es.<br \/>\u00c0 consid\u00e9rer que vos besoins, vos r\u00eaves et vos d\u00e9sirs ne sont pas en concurrence avec votre culture ; ils peuvent m\u00eame \u00eatre le moyen le plus efficace de la servir.<\/p><p>Chez <em>Edit<\/em>, nous \u00e9crivons pour la femme qui apprend \u00e0 se dire oui, que ce soit pour la premi\u00e8re fois ou pour la cinquanti\u00e8me. Puisse cet article vous accompagner l\u00e0 o\u00f9 vous \u00eates et vous rappeler gentiment  que : <em>VOUS AVEZ LE DROIT DE VOUS \u00c9PANOUIR.<\/em><\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-07f9102 elementor-widget-divider--view-line elementor-widget elementor-widget-divider\" data-id=\"07f9102\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"divider.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-divider\">\n\t\t\t<span class=\"elementor-divider-separator\">\n\t\t\t\t\t\t<\/span>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-52a7e148 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"52a7e148\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p>Mariam se tenait dans sa cuisine, l'odeur d'un rago\u00fbt mijot\u00e9 remplissant l'air, son t\u00e9l\u00e9phone vibrait \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d'elle,lui rappelant la s\u00e9ance de coaching en ligne qu'elle avait r\u00e9serv\u00e9e deux semaines plus t\u00f4t\u2026 Son premier pas audacieux vers l'\u00e9criture du livre qui lui murmurait \u00e0 l'oreille depuis des ann\u00e9es. Mais en regardant la marmite, puis le message non lu de sa cousine demandant de l'aide pour les enfants, elle h\u00e9sita.<\/p><p>Se dire oui \u00e0 elle-m\u00eame lui paraissait contre nature. Elle culpabilisait \u00e9norm\u00e9ment.<\/p><p>Sur tout le continent africain, de nombreuses femmes grandissent en voyant leurs m\u00e8res, tantes et grands-m\u00e8res faire passer leurs besoins en dernier. Qu'il s'agisse d'\u00e9ducation, de sant\u00e9, de repos ou d'ambition, le r\u00eave ou la crise que traverse autrui semble toujours passer avant tout. La culture du soin est profond\u00e9ment ancr\u00e9e dans l'amour, la responsabilit\u00e9 et les attentes culturelles. Mais quelque part dans cette tradition bienveillante, beaucoup d'entre nous apprennent que le sacrifice est la seule preuve de f\u00e9minit\u00e9. Que pour \u00eatre une \u00ab bonne femme \u00bb, il faut s\u2019oublier au d\u00e9pend des besoins des autres.<\/p><p>Et si finalement nous avions mal compris ce que signifie r\u00e9ellement \u00eatre forte ?<\/p><p>Et si dire <em>\"oui\"<\/em> \u00e0 votre propre croissance n\u2019\u00e9tait pas une trahison envers vos devoirs, mais un acte puissant  soutenant votre vision et service envers les autres ?<\/p><h3><strong>Le fardeau d'\u00eatre \u00ab bon \u00bb<\/strong><\/h3><p>Dans de nombreuses cultures africaines, la f\u00e9minit\u00e9 est souvent li\u00e9e \u00e0 la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9. Une femme est c\u00e9l\u00e9br\u00e9e pour sa capacit\u00e9 \u00e0 supporter, son silence face aux difficult\u00e9s, sa capacit\u00e9 \u00e0 maintenir la coh\u00e9sion familiale en coulisses. Son amour se prouve par le sacrifice, et sa valeur se mesure \u00e0 la fa\u00e7on dont elle sert les autres.<\/p><p>Mais que se passe-t-il lorsqu'elle veut quelque chose pour elle-m\u00eame ?<br \/>Un dipl\u00f4me. Une entreprise. Un projet cr\u00e9atif. Un voyage en solo. Un divorce. Du repos.<\/p><p>Bien souvent, elle est jug\u00e9e. Ou pire, elle est r\u00e9duite au silence.<br \/>\"Elle a chang\u00e9.\"<br \/>\"Elle oublie sa culture.\"<br \/>\"Elle se croit meilleure.\"<br \/>\"Elle est \u00e9go\u00efste\"<\/p><p>On entend ces murmures dans les \u00e9glises, les mosqu\u00e9es, les march\u00e9s, les groupes WhatsApp et les r\u00e9unions de famille. La r\u00e8gle tacite est claire : <em>une femme ne doit pas avoir de grandes aspirations.<\/em><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Alors on attend. On remet \u00e0 plus tard le livre, le cours, le projet, la gu\u00e9rison. On se dit qu'on le fera <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">quand<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">\u00a0 les enfants auront grandi <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">quand<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">\u00a0 la maison sera construite, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">quand<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">\u00a0 notre mari ira mieux.<\/span><\/p><p>Mais cette remise \u00e0 plus tard  souvent se transforme en \u201cjamais\u201d.<\/p><h3><strong>Et si en fait \u00eatre forte \u00e9tait quelque chose de diff\u00e9rent ?<\/strong><\/h3><p>Le plus grand mensonge que l'on raconte \u00e0 beaucoup de femmes est que la capacit\u00e9 \u00e0 supporter est synonyme de force. Que souffrir sans se plaindre est noble.<\/p><p>Et si la vraie force \u00e9tait tout autre chose ?<br \/>Et si la vraie force r\u00e9sidait plut\u00f4t dans le choix de votre \u00e9panouissement personnel ?<\/p><p>Une femme qui se dit <em>\"oui\"<\/em> \u00e0 elle-m\u00eame n'est pas faible. Elle est \u00e9veill\u00e9e. Elle choisit de vivre pleinement, et non par p\u00e9riode.<\/p><p>Elle choisit de croire que sa vie compte, non seulement en tant qu\u2019un soutien pour les autres, mais aussi en exp\u00e9rimentant ce qu\u2019est une vie ou elle rayonne.<\/p><h3><strong>Le d\u00e9veloppement personnel est un acte militant envers soi m\u00eame<\/strong><\/h3><p>Un changement discret s'op\u00e8re sur tout le continent. Les femmes s'inscrivent \u00e0 des formations, participent \u00e0 des programmes de coaching, lancent des projets qui les passionnent, cr\u00e9ent des entreprises, quittent des relations qui ne leur conviennent plus. Elles s\u2019autorisent le droit de s'\u00e9panouir et, ce faisant, refa\u00e7onnent leurs communaut\u00e9s.<\/p><p>Parce que quand une femme est \u00e9panouit, <em>c\u2019est b\u00e9n\u00e9fique<\/em> pour tout le monde.<\/p><p>Une femme qui suit une th\u00e9rapie \u00e9l\u00e8ve des enfants \u00e9motionnellement plus stables.<br \/>Une femme qui investit dans ses comp\u00e9tences am\u00e9liore l'avenir de sa famille.<br \/>Une femme qui fixe des limites apprend aux autres comment la traiter.<br \/>Une femme qui trouve la joie fait de la place pour les autres et devient comme une bouff\u00e9e d\u2019oxyg\u00e8ne.<\/p><p>Le d\u00e9veloppement personnel n'est pas \u00e9go\u00efste. Il est strat\u00e9gique. Il cr\u00e9e un effet boule de neige.<\/p><p>Vous ne devenez pas moins femme lorsque vous vous choisissez, vous devenez <em>davantage<\/em> celle que vous \u00eates cens\u00e9e \u00eatre.<\/p><h3><strong>Fixer ses limites ce n\u2019est pas de la froideur, c\u2019est faire preuve de courage<\/strong><\/h3><p>Se dire oui \u00e0 soi-m\u00eame ne concernent pas seulement les grandes d\u00e9cisions. C'est aussi tous ces moments ou l\u2019on fait preuve de courage au quotidien.<\/p><p>C'est dire <em>non<\/em> \u00e0 une invitation parce que votre corps a besoin de repos.<br \/>C'est se r\u00e9server du temps pour apprendre plut\u00f4t que de se surmener.<br \/>C'est choisir de consacrer son argent \u00e0 son r\u00eave plut\u00f4t que de sauver quelqu'un une fois de plus.<br \/>C'est d\u00e9clarer, <em>\"Je m\u00e9rite d\u2019investir en moi.\"<\/em><\/p><p>Ces moments ne vous rendent pas froide ou distante. Ils vous rendent consciente.<\/p><p>Et une femme consciente est puissante. Elle ne vit pas dans la culpabilit\u00e9. Elle vit dans la lucidit\u00e9.<\/p><h3><strong>Qu\u2019allons-nous enseigner \u00e0 la prochaine g\u00e9n\u00e9ration ?<\/strong><\/h3><p>Que voulons-nous que nos filles, ni\u00e8ces et jeunes s\u0153urs apprennent de nous ?<\/p><p>Que la f\u00e9minit\u00e9 est synonyme d'\u00e9puisement professionnel ? Que l'amour est synonyme d'abn\u00e9gation ?<br \/>Ou qu'il est possible de s'engager envers sa famille <em>et<\/em> envers soi-m\u00eame ?<br \/>Qu'on peut prendre soin des autres sans n\u00e9gliger sa propre \u00e2me ?<\/p><p>Les enfants ( filles et gar\u00e7ons) nous voient.. Et l'avenir se fa\u00e7onne par nos mod\u00e8les, pas seulement par nos paroles.<\/p><p>Lorsque nous montrons que les limites sont saines, que la joie est sacr\u00e9e, que le respect de soi n\u2019est pas n\u00e9gociable, nous \u00e9levons une g\u00e9n\u00e9ration qui honorera \u00e9galement ces valeurs.<\/p><h3><strong>R\u00e9\u00e9crire l'amour<\/strong><\/h3><p>Beaucoup d'entre nous ont \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9s dans l'id\u00e9e que l'amour ressemble \u00e0 une perte.<br \/>Perte d'identit\u00e9. Perte de r\u00eaves. Perte de repos.<br \/>Mais ce n'est pas de l'amour. C'est un lent effacement de soi.<\/p><p>Le v\u00e9ritable amour <em>vous inclut<\/em> dans l'\u00e9quation.<br \/>Il est expansif, non \u00e9puisant.<br \/>Il fait de la place \u00e0 vos besoins, \u00e0 votre gu\u00e9rison, \u00e0 votre joie.<\/p><p>Et se dire oui \u00e0 soi-m\u00eame ne signifie pas abandonner les autres. \nCela signifie simplement prendre aussi en compte ses propres besoins.<\/p><p>Dire oui \u00e0 ce nouveau r\u00eave.<br \/>Dire oui pour prendre du recul.<br \/>Dire oui pour avancer.<br \/>Dire oui pour devenir quelqu'un de plus vivant que jamais.<\/p><p>Le monde n'a pas besoin de plus de femmes \u00e9puis\u00e9es.<br \/>Il a besoin de plus de femmes en bonne sant\u00e9, \u00e9panouies et <em>conscientes.<\/em><\/p><p><strong>Dites-vous oui. Pas demain, Pas prochainement.\nDites vous oui  maintenant.<\/strong><\/p><p><strong>Amina Diouf<\/strong><br \/><em>r\u00e9dactrice en chef d'Edit \u2013 Le Journal du The Third,<\/em><br \/>Amina publie une collection de r\u00e9cits personnels qui r\u00e9v\u00e8lent la force, la douceur et la complexit\u00e9, souvent cach\u00e9es, de la vie des femmes. \u00c0 travers son travail chez <em>Edit<\/em>, elle nous invite \u00e0 approfondir notre compr\u00e9hension de nous-m\u00eames et de l'autre.<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Amina Diouf\u00a0<\/p>","protected":false},"author":2,"featured_media":1754,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[42],"tags":[],"class_list":["post-1753","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-category-1"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/thethird.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1753","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/thethird.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/thethird.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/thethird.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/thethird.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1753"}],"version-history":[{"count":55,"href":"https:\/\/thethird.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1753\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2547,"href":"https:\/\/thethird.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1753\/revisions\/2547"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/thethird.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1754"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/thethird.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1753"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/thethird.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1753"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/thethird.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1753"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}